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A la découverte des châteaux de la Loire: histoire, architecture et jardin

Passionnée des châteaux de la Loire et de la Renaissance, j'ai décidé de vous raconter leur histoire, de vous en faire découvrir les méandres et pourquoi pas de vous donner aussi goût à un art moins connu de cette époque: l'art des jardins... Attachez vos ceintures nous remontons dans le temps :)

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De la forteresse médiévale au musée nationale : l’histoire du château d’Azay-le-Rideau

Publié par Diane sur 11 Mars 2013, 17:21pm

Catégories : #Histoire

A l’occasion de l’exposition actuellement présentée au château d’Azay-le-Rideau, « La chambre de Phillipe Lesbahy, l’histoire d’une Renaissance » (que je conseille par ailleurs très fortement car elle présente un aspect méconnu de l’aménagement des chambres à la Renaissance : la natte de jonc), je vous propose de partir à la découverte du château d’Azay-le-Rideau…

Le premier château d’Azay-le-Rideau fut construit au cours du XIe siècle. Propriété des puissants comtes de Tours, il tomba aux mains des anglais, puis fut repris par les Français au cours du XIIe siècle. En 1119, les documents d’archives mentionnent le premier seigneur d’Azay-le-Rideau: Ridel d’Azay qui donna son nom au bourg.

Ridel d’Azay, chevalier de Philippe Auguste, bâtit une imposante forteresse médiévale au bord de l’Indre afin de veiller à la protection des routes de Tours et de Chinon.

La forteresse fut incendiée, en 1418 par Charles VII au cours d’un affrontement avec les troupes bourguignonnes qui occupent alors la place forte. A cette occasion, le capitaine et les 350 soldats occupant la place forte sont exécutés. La forteresse et le village sont alors incendiées et le bourg gardera jusqu'au XVIIIe siècle le nom d'Azay-le-Brûlé.

Par la suite, le domaine est acquis, au milieu du XVe siècle, par Jean du Puy du Fol, écuyer et maître d’hôtel du roi Charles VII, le domaine sera ensuite transmis à sa fille aînée mariée à Foulques de Boisjourdain. Les époux de Boisjourdain reconstituèrent le domaine médiéval et l’enrichir. Toutefois, les travaux de fortification de la forteresse d’Azay qui incombaient au propriétaire par devoir féodal envers le roi, et des terres ravagés par la guerre de Cent ans eurent bientôt raison de la fortune des de Boisjourdain.

Aussi, à la fin du xve siècle, les de Boisjourdain sont contraints de vendre le domaine d’Azay-le-Rideau qui échut par la suite à Martin Berthelot, maître de la Chambre aux Deniers du roi, qui le cède à son fils Gilles.

C’est à Gilles Berthelot que l’on doit la construction de ce fabuleux trésor de la Renaissance.

Le château actuel fut bâti entre 1518 et 1523 par le maire de Tours et trésorier du roi François Ier, Gilles Berthelot et par sa femme, Philippe Lesbahy.

es fondations sur pilotis pilotis en pierres de Saint-Aignan, ainsi que le rez-de-chaussée, le premier étage de l’aile est, et les fondations du corps de logis principal sont réalisées sous la direction de Denis Gouillourd. Philippe Lesbahy aidée par l'abbé Guillaume Artault, dirige l'essentiel des travaux en l'absence de son mari occupé à Paris à gérer les affaires financières du roi.

Toutefois, en 1523 François Ie de retour de captivité, décide d’ouvrir une enquête sur la tenue des finances royales. Si au début seul le baron Jacques de Beaune de Semblançay est inquiété en sa qualité de général des finances du royaume ; son cousin Gilles Berthelot qui travaille avec lu, prend rapidement conscience du risque pour sa personne.

En effet, les sommes colossales englouties dans les travaux du château ne manquèrent pas d’attirer l’attention et bientôt Gilles Berthelot et contraint de s’éxiler à Metz.

Il décèdera par ailleurs, en 1529 à Cambrai.

En juin 1523, le roi confisque le château inachevé. Bien que Philippe Lesbahy insiste pour garder son château, elle le perdra définitivement en 1535 (après une longue procédure judiciaire).

Le roi décide d’offrir Azay-le-Rideau à l'un de ses compagnons d'armes, Antoine de Raffin, capitaine des Cent archers du Roi, qui l'a accompagné à Pavie.

Le château encore inachevé ne reçoit de son nouveau propriétaire que quelques aménagements. Il ne sera par ailleurs réellement occupé qu’à partir de 1547.

La petite-fille d'Antoine Raffin, Antoinette, ancienne dame d'honneur de Marguerite de Valois, s'y installe en 1583 et entreprend d'actualiser les décors de l'édifice avec l'aide de son époux, Guy de Saint-Gelais.

Son fils Arthus en hérite avec sa femme Françoise de Souvré, qui sera la gouvernante du futur Louis XIV. Louis XIII sera reçu par la suite au château le 27 juin 1619 et après lui, Louis XIV.

Les Raffin puis leurs alliés en 1751, les Vassé, en seront propriétaires jusqu'en 1787.

En 1791, le château « abandonné et très dégradé » est vendu pour 300 000 livres par Henry de Courtemanche au marquis Charles de Biencourt (1747-1824), page des écuries de la Reine en 1761, maréchal des camps et armées royales, député de la Noblesse aux États Généraux de 1789, puis de la Constituante. Ses descendants conserveront Azay-le-Rideau jusqu'en 1899.

Charles de Biencourt donne son aspect actuel au château en procédant à de profonds changements intérieurs et extérieurs.

En 1824 il fit ajouter au rez-de-chaussée Sud du château un « pavillon chinois » (détruit vers 1860 ?) et vers 1825 ou 1826 aménager la bibliothèque qui, comme le salon situé à l'opposé, fut décorée de lambris bas en bois mouluré surmontés d'une toile peinte à grands motifs végétaux (conservée).

Les Biencourt employèrent ici l'architecte suisse Pierre-Charles Dussillon, qui travailla également au château voisin d'Ussé et qui est l'auteur, vers 1835, de l'hôtel particulier du 14, rue Vaneau à Paris (VIIème), dont la façade de style néo-Renaissance fut ornée par le sculpteur Molknecht.

Le bastion médiéval qui entourait le château est détruit jusqu’au pied des fondations afin de souligner la construction sur pilotis du château. L’Indre est détourné et l’île qui servait de jardin au château depuis le début du XVIe siècle disparaît afin de créer un lac artificiel entourant le château.

Le fils de Charles de Biencourt, Armand-François-Marie, maire de la commune d'Azay de 1825 à 1830, entreprit la première grande restauration du château : rétablissement des voûtes et des lucarnes, restitution des médaillons et insignes royaux de l'escalier, construction d'une nouvelle tour de style Renaissance remplaçant le « vieux donjon » médiéval à l’avant du château , par l'architecte Dusillon. Il fait aussi élargir le terre-plein dominant la rivière au Sud, créant ainsi une grande terrasse desservie depuis le salon par un perron, qui furent supprimés lors de la restauration du xxe siècle.

Dès 1840, le château est inscrit sur la liste des Monuments Historiques, mais en 1845, les derniers vestiges médiévaux sont démolis pour laisser place à deux nouvelles tours d'angle sur cour.

En 1871 il servit de logement au prince Frédéric Charles de Prusse, neveu du roi de Prusse, qui occupera aussi pendant six semaines avec ses soldats le village de Saint-Patrice (Indre-et-Loire) et le château de Rochecotte.

Prenant pour un attentat la chute fortuite d'un lustre dans les cuisines du château où il soupait, le prince faillit le faire incendier (!!!)...mais ses officiers l'en dissuadèrent.

En 1898 des revers de fortune causés entre autres par le krach boursier de l'Union Générale de 1882 empêchent Charles-Marie-Christian (1826-1914) de Biencourt, 4ème marquis du nom et propriétaire depuis 1862, d'assurer l'entretien du domaine. Veuf jeune et sans héritiers directs, il est contraint de vendre le château, son mobilier et 540 hectares de terres, qui sont acquis pour 517 000 francs par l'homme d'affaires Achille Arteau, ancien avocat de Tours, qui veut démembrer l'ensemble avec profit (!!!).

Le mobilier et la collection furent alors dispersés en plusieurs ventes, lors desquelles la famille put acquérir certains oeuvres, ce qui permit à la vicomtesse de Montaigne de Poncins, arrière-petite-fille du marquis de Biencourt, de donner en 1939 au Musée Condé de Chantilly 52 portraits dessinés par les Clouet, Corneille de Lyon, Holbein, Memling, Pourbus, Cranach, Rubens, Stella; don qui, du fait de la Seconde Guerre Mondiale, ne fut effectif que le 8 septembre 19467.

Par ailleurs le Musée du Louvre conserve deux coffres en bois sculpté, dont un daté du XVIème siècle, provenant du château (reprod. par Gustave Geffroy dans Le Palais du Louvre, architecture-mobilier-objets, collection "les Musées d'Europe", Paris, éditons Nilsson, s.d. - arch. pers.).

Le château resta vide jusqu'à son achat par l'État le 11 août 1905 pour 250 000 francs grâce à un legs de l'industriel Léon Dru, et fut aussitôt classé monument historique ; depuis 1907 il a fait l'objet d'importantes restaurations.

En 1939-1940, le château, en partie démeublé, abrita la Direction Générale de l’Éducation Nationale "en repli" comme les autres ministères français.

Il est aujourd'hui géré par le Centre des Monuments nationaux.

De la forteresse médiévale au musée nationale : l’histoire du château d’Azay-le-Rideau
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