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A la découverte des châteaux de la Loire: histoire, architecture et jardin

Passionnée des châteaux de la Loire et de la Renaissance, j'ai décidé de vous raconter leur histoire, de vous en faire découvrir les méandres et pourquoi pas de vous donner aussi goût à un art moins connu de cette époque: l'art des jardins... Attachez vos ceintures nous remontons dans le temps :)

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Le château de Chenonceau, une architecture du bord de l’eau (partie 2)

Publié par Diane sur 3 Novembre 2013, 16:38pm

Catégories : #architecture

Devenue propriétaire du château de Chenonceau, Diane de Poitiers entreprend immédiatement des travaux d’embellissement.

Outre, le jardin qui sera l’objet d’un prochain article, elle s’attarda à l’embellissement du château. Cet embellissement reste cependant lié à la mise en valeur du paysage autour du jardin. En effet, c’est afin de pouvoir accéder à l’autre rive où elle prévoyait de réaliser de nouveaux jardins que Diane de Poitiers décida de faire réaliser con célèbre pont sur le Cher.

Philibert Delorme, qui s’était déjà illustré au près de la duchesse de Valentinois par son travail à Anet, devait être chargé de cette entreprise. Ce dernier imagina de créer un pont dont le point de départ serait le corridor-galerie de Thomas Bohier, passant ainsi au-delà de la porte-fenêtre jusqu’à l’autre rive.

L’architecte semble avoir débuté les travaux au début de 1556 puisque des documents mettent en évidence sa présence sur le chantier cette année là aux côtés de Pierre Hurlu, maître maçon de Montrichard qui travaillait déjà au domaine. Delorme lui fit sonder le lit du Cher et fit asseoir les piles du futur pont, entre lesquelles la navigation se poursuivit.

Un premier marché fut signé le 2 avril 1556, suivi huit jours plus tard d’un autre pour la construction des batardeaux nécessaires à la fondation des piles.

Un document réalisé le 27 juillet 1557 décrit le projet de Philibert Delorme. Après avoir ajouté une pile du côté sud aux quatre déjà élevées à cette date (longues de 4,85 mètres et construites en pierre dure de Chisseau et des Houdes), cinq arches (soigneusement appareillées en pierre tendre de Bourré, Saint-Aignan et Lie) furent lancées sur les piles.

Les pointes et les avant-becs de chaque pile devaient être taillées « en talus en façon de boîtes pour donner force audit pont », sauf pour la pile du milieu où devaient être érigées « deux surpantes en manière de caves sur la tourd ronde pour ganier place de neuf à douze pieds de chacun costé » Soit d’après J.P. Babelon une demi-tourelle sur chaque face. La forme choisie était ainsi en harmonie avec les demi-lunes des balcons du château des Bohier. Pour tenir les bateaux, huit boucles de fer furent fixées aux piles.

Si le but premier de ce pont était naturellement de permettre la traversée du Cher, le génie de son créateur et probablement de son instigatrice prévoyait également d’en faire une portion nouvelle du château dont il devait augmenter la capacité d’accueil ; lui offrant ainsi l’un de ses plus indispensables ornements : une galerie. Lieu de passage, salle des fêtes, salle de bal, la galerie s’était imposée dans toutes les grandes demeures d’importances au cours du siècle (cf. la galerie d’Ulysse à Fontainebleau pour François Ie).

Philibert Delorme pour la galerie de Chenonceau, prévoyait simplement de faire passer la galerie au dessus du Cher à la manière d’un pont. Sur ce pont, long de 60 mètres, devait être érigée la galerie aussi large que le pont soit 5, 85 mètres ou 18 pieds. Elle devait s’appuyait sur la façade postérieure du château, mais légèrement déportée vers l’aval de manière à laisser libre l’axe de vision du corridor-galerie des Bohier, qui s’achevait ainsi que nous l’avons dit, par un balcon. Ce dernier devait être prolongé latéralement, en saillie, sur une « trompe et surpante », afin de permettre de rejoindre le pont.

Simple rez-de-chaussée bordée de murs hauts de 2,60 mètres, dressés sur le tablier d’aplomb des arches, la galerie devait être éclairée des deux côtés par des fenêtres, larges de 1,45 mètre et hautes de 3 mètres, au-dessus de la pointe des avant-becs. Ces hautes croisées devaient dépasser la corniche et faire saillie sur la toiture, une mode nouvelle que Delorme avait déjà pratiqué à Anet. La galerie n’était toutefois pas destinée à offrir un libre passage jusqu’à la rive sud. En conséquence, elle devait s’achevait au-dessus de la dernière pile par une porte-fenêtre, large de 1,60 mètre, donnant sur un balcon « pour sortir dehors comme terrasse pour prendre l’air ». On prévoyait en option, une pile supplémentaire pour y aménager un pont-levis. La pile du balcon devait supporter latéralement deux petites « salles » (pavillons) en saillie, destinés à abriter des commodités : privés (toilettes), garde-robe et escalier en vis pour descendre au niveau de l’eau.

Ce projet ne fut jamais réalisé en effet, à la fin de l’année 1558, pour une raison inconnue, le projet des pavillons est abandonné. Les travaux du pont semble prendre du retard et a galerie n’est toujours pas réalisée au début de l’année 1559. or nous entrons dans l’année fatidique qui va voir passer Chenonceau des mains de Diane de Poitiers à celle de Catherine de Médicis.

C’est en effet à cause du dramatique tournoi de la rue Saint-Antoine que le point final fut mis aux projets de Diane de Poitiers pour Chenonceau. Puisque le 10 juillet 1559, le roi mourut, laissant à la reine Catherine de Médicis les rênes du pouvoir. Or, la reine-mère qui appréciait grandement Chenonceau, décida, ci-tôt la Régence effective de faire valoir les droits de la couronne sur la châtellenie. Diane ayant décidé de faire valoir l’acquisition personnelle qu’elle avait fait du château au cours des multiples procédures judiciaires entreprises au cours de l’acquisition du domaine, Catherine décida de proposer un échange à l’ex-favorite du roi. Elle lui céderait le château de Chaumont, ancienne propriété de la famille d’Amboise qu’elle avait acquit en 1550, en échange de celui de Chenonceau.

Nouvelle propriétaire du château de Chenonceau, Catherine de Médicis décide à son tour d’embellir le château. Reprenant le projet avorté de Diane de Poitiers, elle prend le parti d’en multiplier le faste. De la simple galerie voulue par Diane, elle décide de faire une galerie sur deux niveaux, coiffées d’un comble haut qui pourrait accueillir des logements pour les visiteurs quitte à obstruer l’axe visuel travaillé par Thomas Bohier.

Les travaux commencent en 1576 et s’achèvent en 1581. La galerie est vraisemblablement l’œuvre de Jean Bullant qui remplace Philibert Delorme dans la faveur royale. La galerie se compose au rez-de-chaussée d’une succession de tourelles en demi-lune qui viennent écraser la pointe des avant-becs de la plate-forme. Ces tourelles s’achèvent en balcon au premier étage dont les façades sont plus ornées qu’au rez-de-chaussée. Rien là que de très commun puisque le premier étage est considéré comme l’étage noble. ces façades sont ornées de hautes fenêtres coiffées de larges frontons courbes, réunies par des tables horizontales aux cadres moulurés.

A l’intérieur les galeries forment deux espaces superposés de 60m de long sur 5.85m de large, illuminés par 18 fenêtres.

Vers la rive gauche, la galerie devait s’achever par un salon ovale, mais on conserva finalement le châtelet de Diane et l’arrachement aujourd’hui visible au bout de la galerie côté Francueil est le vestige de cette construction démolie à une date incertaine.

Catherine voulu également revêtir d’un habit plus classique ce château encore bien trop gothique à son goût. C’est dans ce but que la travée centrale, à l’entrée du château, fut agrémentée de deux bustes et que quatre nouvelles fenêtres furent percées sur les travées latérales ; afin d’accueillir les quatre figures sculptées aujourd’hui conservées dans le jardin (cariatides à proximité du labyrinthe).

Dans le même temps, la façade orientale fut modifiée. La petite terrasse entre la chapelle et la librairie fut comblée par un bâtiment de deux niveaux qui vint agrandir la surfac disponible. Ce dispositif fut démonté au XIXe siècle lors de la restauration réalisée par F. Roguet.

Ainsi prirent fin les travaux qui devait donner naissance au château que nous connaissons aujourd’hui…

Le château de Chenonceau, une architecture du bord de l’eau (partie 2)
Le château de Chenonceau, une architecture du bord de l’eau (partie 2)Le château de Chenonceau, une architecture du bord de l’eau (partie 2)
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Commenter cet article

Pastyme 15/11/2013 18:53

Bonjour,
J'ai enfin pris le temps de lire en détail les 2 articles.....une plongée passionnante dans l'histoire de ce château que j'aime beaucoup
bonne soirée

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