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A la découverte des châteaux de la Loire: histoire, architecture et jardin

Passionnée des châteaux de la Loire et de la Renaissance, j'ai décidé de vous raconter leur histoire, de vous en faire découvrir les méandres et pourquoi pas de vous donner aussi goût à un art moins connu de cette époque: l'art des jardins... Attachez vos ceintures nous remontons dans le temps :)

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Le château d’Amboise : entre construction et déconstruction

Publié par Diane sur 21 Janvier 2013, 16:20pm

Catégories : #architecture

Afin de conclure notre propos sur le château d’Amboise, nous allons maintenant entreprendre de décrire les travaux de construction et de déconstruction qui ont donné au château d’Amboise son visage actuel.

Lorsque Charles VIII décède en 1498, Louis XII lui succède sur le trône de France. Né à Blois en 1462, Louis XII est très attaché au château de son enfance (sur lequel nous reviendrons prochainement), aussi n’entreprend-t-il que peu de travaux à Amboise.

Il semble que Louis XII ait tout de même fait construire une aile perpendiculaire à l’aile de Charles VIII dans le style renaissant, toutefois nous ne disposons pas d’informations supplémentaires sur cette construction.

En 1515, François Ier succède à Louis XII sur le trône de France, nous savons que François Ier transfère le logis royal d’Amboise dans un nouveau bâtiment, connu encore aujourd’hui comme le logis François Ier. Ce bâtiment se situe à proximité immédiate de la tour des Minimes, il comprenait à l’origine un étage de soubassement voûté ouvert sur la cour et un deuxième niveau de plain-pied avec le jardin, divisé en trois pièces dont la surface allait en diminuant du nord au sud. Le logis date pourtant probablement du règne de Charles VIII, d’après Evelyne Thomas , car son mur nord a été élevé en même temps que les quatre travées du portique qui sépare le logis de la tour des Minimes. Or le portique correspond au départ de la galerie du jardin, commencé par Charles VIII, que l’on voulait construire en avant du rocher.

Cette disposition met en évidence une nouveauté dans l’architecture renaissante. Autrefois le jardin et le logis était largement séparés et il fallait cheminer pour se rendre au jardin. A Amboise, comme cela commence à se faire en Italie, le logis se rapproche du jardin jusqu’à donner directement sur celui-ci. Ainsi, le jardin à attirer le logis vers lui pour faire du jardin et du logis un ensemble cohérent.

Le logis de Charles VIII fut donc simplement transformer par François Ier qui ne fit édifier que la partie supérieure du bâtiment, comme l’attestent le style des fenêtres et des lucarnes, la présence de la salamandre et du chiffre du roi. Il s’agit donc d’une surélévation et non d’une reprise puisque des traces de l’ancien bâtiment subsistent.

Il semble que François Ier ait voulu occuper l’étage inférieur du logis (comme le laisse supposer la lettre du marquis de Mantoue relatant une visite de Frédéric de Gonzague à Amboise en compagnie de François Ier) donnant directement sur le jardin. Cette disposition se retrouvera par ailleurs à la même époque dans l’aile que François Ier faisait construire à Blois et sur laquelle nous reviendrons dans un futur article.

La reine quant à elle occupait l’étage supérieur, elle occupait donc les pièces directement situées au-dessus de celles du roi. Le logis du roi était de plain-pied avec la grande salle ayant vue sur la Loire.

François Ier meurt en 1547 et son fils Henri lui succède sur le trône de France sous le nom d’Henri II. Sous le règne d’Henri, Le logis royal ne sera pas déplacer mais transformé. L’aile François Ier est augmenté d’un pavillon, accosté d’une tour de plan carré.

Par ailleurs on élève du côté est, sur le jardin, un nouveau bâtiment, d’un seul niveau, parallèle à celui du logis de François Ier et relié à celui-ci par une galerie. Ce bâtiment a été décrit quelques années avant d’être détruit : « sur le jardin existe un assez long pavillon ne formant qu’un rez-de-chaussée ; il communique à la grosse tour [tour des Minimes] et se liait à la galerie louis XII [c’est-à-dire les quatre travées du portique]. Ce bâtiment est du règne d’Henri II. On trouve encore sur le revêtement des cheminées au dehors enlacé de celui de Diane de Poitiers ». Les comptes de construction ont disparu semble-t-il, mais au XVIIIe siècle, le pavillon ajouté à l’aile François Ier portait le nom de « pavillon de la Reine blanche ». Toujours d’après Evelyne Thomas, ce détail permet d’établir un lien avec une reine douairière et Catherine de Médicis en particulier puisque le château a été déserté par la cour dans la dernière partie du XVIe siècle. Par ailleurs un devis de réparations datant de 1632 mentionne l’ensemble de l’aile et de ses adjonctions comme le « logis de la royne » . Ce devis précise la destination des pièces du premier étage. Dans le même document, la construction élevée sur le jardin est appelée « logis du roy ».

La résidence de Henri II à Amboise semble devoir être rapprochée du pavillon des Poêles à Fontainebleau. Dans les deux cas, on a recherché une situation privilégiée, une vue plaisante sur le paysage. Le logis royal s’est donc déporté vers le jardin qui est devenu une extension du château avec lequel il dialogue . Ainsi, le logis royal s’éloigne de l’espace fortifié pour gagner l’espace de plaisir. La destination du logis royal à changer, ce n’est plus simplement un lieu de logement et de protection du souverain, c’est un lieu de plaisance.

À partir d'Henri III, les séjours royaux se firent plus rares, pour devenir quasi inexistants. Peu à peu, le château se transforme en prison de luxe pour les grands personnages de l'état. En 1626, César, duc de Vendôme et son frère Alexandre, grand-prieur de France, y sont internés pour avoir conspiré contre Richelieu. Le château passe ensuite entre les mains du frère du roi, Gaston d'Orléans. Celui-ci y effectue quelques démolitions dans les années 1660. Confisqué de nouveau par le roi, Amboise redevient une prison. Louis XIV y enfermera Nicolas Fouquet et le duc de Lauzun.

Propriété du duc de Choiseul au XVIIIe siècle, celui-ci l'abandonne vers 1760 au profit de Chanteloup à quelques kilomètres au sud d'Amboise. Le château passe ensuite entre les mains du duc de Penthièvre, avant d'être confisqué par la nation en 1792, en pleine révolution française.

Une grande partie du château fut démolie durant le premier Empire, lorsque Napoléon offrit le château déjà en mauvais état à l'ex-consul Roger Ducos ; lequel n'ayant pas les moyens de restaurer l'ensemble, préféra détruire les deux tiers du bâtiment (la collégiale Saint-Florentin et le logis des reines notamment) entre 1806 et 1810.

Louis-Philippe Ier hérita du château par le biais de sa mère. Il dégagea les anciens remparts en faisant détruire les maisons attenantes et redécora l'aile Louis XII. Il est de nouveau confisqué lors de la Révolution de 1848.

En 1848, à la suite d'un traité de reddition non respecté par les autorités françaises, l'émir Abd El-Kader et une centaine de compagnons y furent placés en captivité, avant d'être libérés par Napoléon III en 1852.

En 1873, le château repasse à la famille d'Orléans qui le transforme en maison d'accueil pour personnes âgées. Au tout début du XXe siècle, la restauration de l'édifice est entreprise par monsieur Ruprich-Robert et son fils. Aujourd'hui, le château est géré par la Fondation Saint-Louis.

Le château d’Amboise : entre construction et déconstruction
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