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A la découverte des châteaux de la Loire: histoire, architecture et jardin

A la découverte des châteaux de la Loire: histoire, architecture et jardin

Passionnée des châteaux de la Loire et de la Renaissance, j'ai décidé de vous raconter leur histoire, de vous en faire découvrir les méandres et pourquoi pas de vous donner aussi goût à un art moins connu de cette époque: l'art des jardins... Attachez vos ceintures nous remontons dans le temps :)


Le château d’Amboise : le renouveau de l'architecture royale

Publié par Diane sur 5 Novembre 2012, 14:39pm

Catégories : #architecture

Les travaux du château d’Amboise tel que nous le connaissons commencent sous le règne de Louis XI (1461-1483). Durant cette période, Louis XI décide de faire du château d’Amboise la résidence de la reine, puis du dauphin (né à Amboise en 1470). Le château occupait alors la partie la plus à l’ouest de l’éperon rocheux sur lequel le château est aujourd’hui situé. Il était séparé de la basse cour par un profond fossé auquel on accédait par une rampe et un pont levis.

Louis XI fait rénover la partie la plus fortifiée du château préexistant, le « Donjon » (datant du Moyen Ậge et dont on connaît mal la forme originelle) afin d’y installer le logis de la reine. Ce logis occupait la partie sud du Donjon. Il comprend une salle, des galeries et une tour, construits de neufs.

En 1489, Charles VIII qui a succédé à son père sur le trône de France entreprend ces premiers travaux ; ceci afin d’embellir le château dont il a décidé de faire sa résidence royale. Il aménage un nouveau logis et construit la chapelle Saint-Hubert.

Dès la fin de 1493, le roi et la reine s’installent dans le logis rénové, au sud du Donjon. en plan, on constate que le plan du logis de Charles VIII et d’Anne de Bretagne était organisé de manière traditionnelle : deux suites superposées – celle de la reine au rez-de-chaussée et celle du roi au premier étage – comportant chacune une salle et communiquant par un escalier en vis privé situé dans la partie ouest . Chacun des appartements communique par ailleurs avec la chapelle.

Le style général du château d’Amboise de cette époque répond aux canons du style gothique flamboyant toujours en vogue en France, tant au niveau de son ornementation que de sa structure.

En 1494, Charles VIII décide de partir à la conquête de Naples, il reste en Italie environ une année. Le roi est fasciné par la nouvelle architecture italienne qu’il admire à Florence et à Naples notamment. Mais l’aventure italienne tourne court et le roi est contraint de rentrer en France en toute hâte.

Il a tout de même l’occasion de recruter une équipe d’artistes italiens dans le but de modifier les plans de constructions du château d’Amboise. Ces artistes se nomment Fra Giovanni Giocondo, célèbre architecte et peintre, Dominique de Cortone, illustre marqueteur, Girolamo Pachiarotti, sculpteur et enfin le jardinier Pacello da Mercogliano. Nous savons que Fra Giocondo et Pacello da Mercogliano travaillèrent tous deux au palais de Poggio Reale (voir article précédent rubrique histoire)au service de Ferdinand II d’Aragon à Naples.

Le plan que nous présentons donne une bonne idée de l’état d’avancement des travaux au moment où Charles VIII rentre d’Italie et de l’implication réelle des artistes italiens dans la réalisation des nouveaux plans. En effet, sur la gravure de Jacques Androuet Du Cerceau (que nous présentons ici) qui présente l’état d’achèvement du château d’Amboise dans les années 1559 ; nous pouvons voir que le style du « logis des sept vertus » tranche avec celui antérieur du « logis d’Anne de Bretagne ».

Le logis des sept vertus est construit vers 1498 au retour de Charles VIII d’Italie. Ce logis est aisément reconnaissable au nord de l’avant cour, entre le Donjon et la tour Heurtault.

Une restitution des bâtiments effectuée par Evelyne Thomas, nous éclaire sur l’architecture de ce logis. L’organisation du logis des sept vertus est commandée par la présence de la grande rampe qui traverse en biais le mur d’enceinte nord. Le logis est construit au sud en bordure de la rampe, sur quatre niveaux – contrairement à ce que l’on peut voir sur la gravure – le premier niveau semble se trouvait sous la cour, au second niveau à l’est, on trouve les cuisines et le troisième niveau est l’étage principal. La grande rampe donne d’ailleurs accès à ce seul niveau, et il semble que l’accès ait pu être fait à cheval.

Le plan laisse penser qu’il y avait deux logements de part et d’autre de la salle centrale : à l’est deux pièces et un escalier, à l’ouest, deux pièces, une galerie, un escalier et un passage vers le Donjon. Le quatrième niveau se trouve sous comble.

La nouveauté dans ce plan c’est qu’il semble que le logis du roi et de la reine se trouve au même niveau. Est-ce la traduction d’une volonté politique d’égalité entre les deux souverains ?

La décoration extérieure de ce logis semble plus parlante quant à l’italianisation du château d’Amboise.

En effet, la disposition des appartements pour exceptionnelle qu’elle soit, n’est pas caractéristique. La disposition des deux étages visibles sur la gravure de Du Cerceau et qui semble devoir être confirmée par les comptes du château, nous montre un logis divisé en deux avec à gauche deux niveaux en arcades : la première en plein cintre à colonnades, la seconde en anse de panier. Cette architecture plus ajourée est caractéristique du retour à l’antique qui rappelle les arcades du Colisée Flavien de Rome. Le jeu sur le modèle des arcades semble résulter d’une recherche d’animation de la façade (timorée certes mais présente).La partie droite semble plus traditionnelle au niveau du niveau principal (qui semble avoir abrité les appartements royaux), toutefois le rez-de-chaussée s’orne d’une d’arcade qui substitue aux colonnes de la partie gauche des piliers plus larges avec un décor d’édicules à l’antique à frontons triangulaires prolongés d’un décor de refend entre chaque fenêtres.

Nous pourrions objecter que cette insertion du vocabulaire italien se retrouve sur le logis d’Anne de Bretagne grâce à l’insertion de colonnes rythmant la façade. Toutefois, nous affirmons que l’italianisation du répertoire architectural français date de la construction du logis des sept vertus pour la raison suivante : les façades du logis d’Anne de Bretagne n’intègre pas la leçon italienne quant à l’animation des façades. Le décor du logis d’Anne de Bretagne résulte donc sans doute d’une intervention sans doute concomitante à l’érection du logis des sept vertus.

Cette évolution du style architectural français est également présente dans l’autre grande réalisation de Charles VIII est sans aucun doute le grand jardin situé à l’est de la tour des Minimes auquel nous consacrerons notre prochain article sur Amboise…

Le château d’Amboise : le renouveau de l'architecture royale
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