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A la découverte des châteaux de la Loire: histoire, architecture et jardin

Passionnée des châteaux de la Loire et de la Renaissance, j'ai décidé de vous raconter leur histoire, de vous en faire découvrir les méandres et pourquoi pas de vous donner aussi goût à un art moins connu de cette époque: l'art des jardins... Attachez vos ceintures nous remontons dans le temps :)

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Le classicisme au château de Blois : l’aile Gaston d’Orléans

Publié par Diane sur 26 Février 2013, 16:02pm

Catégories : #architecture

Dans nos articles précédents, nous avons déjà pu voir que le château de Blois a connu au cours des siècles de multiples transformations au gré de ces propriétaires. Aujourd’hui nous allons étudié la dernière tranche de travaux qui donnèrent au château de Blois sa physionomie actuelle…

Bien qu’après François Ie de nombreux projets ait été envisagés pour Blois par ses successeurs et notamment sous Henri IV, peu de travaux furent réellement réalisés.

On notera néanmoins l’intervention de Marie de Médicis (mère de Louis XIII, roi de France) qui, durant son exil de 1616 à 1619, entrepris de faire construire une grande terrasse bastionnée entre les tours de Châteaurenault et du Foix.

Toutefois, c’est à Gaston d’Orléans que l’on doit le travaux les plus spectaculaires et controversés ayant été faits à Blois.

Héritier du trône, en rébellion plus ou moins ouverte contre son frère, le Roi Louis XIII, et le cardinal de Richelieu, Gaston d’Orléans reçoit Blois en apanage en 1626 et y réside à partir de 1634.

Pour le distraire, "on lui avait mis en tête d’abattre le château et d’en faire un tout neuf", écrit dans ses Mémoires son secrétaire Nicolas Goulas.

Gaston d’Orléans choisit l’architecte parisien François Mansart (1598-1666), créateur des châteaux de Berny, Balleroy ou encore de Maisons-Laffite pour entreprendre les travaux déjà titanesque prévus à Blois.

Le corps de logis neuf du château de Blois est construit en fond de cour face à l’aile Louis XII, il remplace la « perche aux bretons », bâtiment construit sous Louis XII pour accueillir les gens de la reine ; il remplace également le pavillon construit par Marie de Médicis (sur lequel nous avons peu d’informations) et le logis de Charles IX (lui-même peu documenté). Il a été envisagé, sans doute dés le début des travaux, de l’intégrer dans un vaste projet qui devait conduire à la destruction ( !!!) des ailes édifiées par Louis XII et François Ier.

L’aile Gaston d’Orléans s’inscrit dans le mouvement du classicisme français alors en plein essor. Elle se compose d’un pavillon central avec deux ailes (prévues) en retour. On y notera un traitement plastique des murs subtil et sobre, une élévation sur trois travées à trois niveaux d’ordres (dorique, ionique et corinthien), la superposition de deux frontons - triangulaire et en plein cintre - accentuant l’effet de verticalité. Sur les frontons sont par ailleurs représentés à gauche Minerve et à droite Mars.

Un portique concave vient adoucir l'avant-corps central, avec ses colonnes cannelées (dont certaines néanmoins resteront inachevées après l'abandon des travaux).

Le contrepoint stylistique qu’elle offre au regard du visiteur à côté des ailes François Ier et Louis XII a suscité les réactions les plus diverses : Félibien vers 1680 regrette l’inachèvement du projet de Mansart, tandis que Flaubert y voit en 1847 "un corps de logis au goût sobre qui est le goût pauvre".

Cependant, il faut reconnaître la présence d’une œuvre formidable au sein de cette aile, un véritable morceau de bravoure à savoir la cage de l’escalier d’honneur. Cette cage d’escalier abrite une voûte conçue en arc-de-cloître, ornée de compartiments sculptés de trophées à l’antique, de masques maniéristes et de guirlandes de feuillage, elle-même surmontée d’une double coupole sur trompes abondamment éclairée par les fenêtres percées à l’étage supérieur. Le somptueux décor sculpté est attribué à l’atelier des sculpteurs Simon Guillain et Michel Anguier.

Les travaux de l’aile Gaston d’Orléans débutent en 1635, mais faute d’argent le chantier est rapidement interrompu. L’aile demeure donc inachevée dès 1638. Lors de son retour définitif à Blois vers 1652 -1653, après l’échec de la Fronde, Gaston d’Orléans installe ses appartements dans l’aile François Ier plutôt que de relancer le chantier du logis neuf qui reste une coquille vide jusqu’à la transformation du château en caserne au début du XIXe siècle.

L'aile abrite aujourd’hui une salle d'histoire du château et des salles destinées à des expositions temporaires (il s’y est tenu récemment une exposition remarquable sur les arts de la table à la Renaissance) ou à des congrès. Elle a aussi abrité entre 1903 et 1914 le muséum d'Histoire naturelle de Blois avant qu'il soit déplacé dans l'ancien palais de l'Évêché. De retour au château après les bombardements de la deuxième guerre mondiale, il restera dans les combles de l'aile Gaston d'Orléans jusqu'en 1984, date à laquelle les collections restaurées sont transférées aux Jacobins où le musée rouvre ses portes…

Le classicisme au château de Blois : l’aile Gaston d’Orléans
Le classicisme au château de Blois : l’aile Gaston d’Orléans
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