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A la découverte des châteaux de la Loire: histoire, architecture et jardin

Passionnée des châteaux de la Loire et de la Renaissance, j'ai décidé de vous raconter leur histoire, de vous en faire découvrir les méandres et pourquoi pas de vous donner aussi goût à un art moins connu de cette époque: l'art des jardins... Attachez vos ceintures nous remontons dans le temps :)

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Une rêverie au fil de l'eau: l'histoire du château de Chenonceau (partie 1)

Publié par Diane sur 21 Septembre 2013, 15:25pm

Catégories : #Histoire

A l’occasion des 500 ans du château de Chenonceau, je vous propose une série d’articles consacrés au château lui-même, à ses jardins et aux grands personnages qui jalonnèrent son histoire...

Situé à un peu plus de trente deux kilomètres de la ville de Tours, le château de Chenonceau fut bâti à proximité immédiate de la ville de Chenonceaux (Indre-et-Loire).

L’histoire de ce fabuleux château de Chenonceau commence au Moyen Age, semble-t-il au XIIIe siècle vers 1230. Le château médiéval appartient alors à la famille Marques, originaire s’il on en croit J.P Babelon, de l’Auvergne ou de la Marche.

Le pont n'existe pas encore, et ne sera construit que bien plus tard. Ainsi, l'aspect stratégique du premier château ne réside pas dans un quelconque contrôle du passage d'une rive à l'autre, mais davantage dans une gestion du trafic fluvial sur le Cher, entre la Sologne et le Berry d'un côté, et la Touraine et l'Anjou de l'autre.

Ce château a donc joué un rôle certain au cours de la guerre de Cent ans en raison de l’importance stratégique qu’il revêt pour le contrôle du Cher et la défense de la ville de Tours resté fidèle au roi de France. Toutefois, il semble que sous Charles VI, Jean Marques décide de prendre position contre le roi et livre ses forteresses aux anglais. Chenonceau reste anglaise jusqu’en 1411, date à laquelle le maréchal de Boucicaut fait brûler et raser les châteaux du vassal félon.

Jean II Marques fils du précédent, s’employa dès lors à relever l’honneur de la famille ; il y réussit et en 1432, Jean II reçoit des lettres patentes qui l’autorise à rebâtir un château. Celui-ci s’appuie directement sur les rives du Cher et comprend un moulin fortifié qui jouera un rôle décisif dans l’édification du château que nous connaissons.

De ce second château féodal ne subsiste de nos jours que la tour sud-ouest connue sous le nom de « tour des Marques »

La mauvaise gestion des héritiers de Jean II Marques conduisit à la vente de la seigneurie et à de nombreuses procédures judiciaires qui aboutirent le 10 février 1513 à la prise de possession du lieu par Thomas Bohier.

Bohier est un homme d'État influent et un financier habile. Notaire et secrétaire du roi en 1491, chambellan de Charles VIII, maître des comptes à Paris, il devient général des finances en Normandie. Il épouse Catherine Briçonnet, elle aussi issue d’une riche famille provinciale qui s’est enrichie en gravissant peu à peu les échelons menant aux charges les plus importantes de l’État. Thomas Bohier sert également dans l’administration de Louis XII et de François Ier. Il avait pour devise : « S'il vient à point m'en souviendra » (que l’on peut encore lire que la porte du château de Chenonceau).

Thomas Bohier érige sa propriété en châtellenie, dépendante de la baronnie d’Amboise, couvrant près de 1 680 ha, sur une dizaine de paroisses, en février 1514.

Bohier et sa femme vont entreprendre de nombreux travaux, amorçant la transformation du domaine que nous étudierons dans un prochain article. Il rase l’ancien château des Marques. La plate forme médiévale est gardée mais ne devient qu’une esplanade d’accès au nouveau château. Ce nouveau logis est édifié sur les piles de l’ancien moulin. Des anciens bâtiments, ne restent que la tour des Marques et le puits attenant. Les travaux durent de 1513 à 1521, et sont surtout dirigés par Catherine Briçonnet, pendant les longues absences de son mari.

Thomas Bohier meurt dans l'année 1524 en Italie. Sa veuve disparaît deux ans après, le 3 novembre 1526. Un contrôle des comptes publics de peu postérieur met cependant en évidence des malversations et François Ier impose alors une forte amende à ses héritiers. Le roi réclame près de 190 000 livres au fils de Thomas, Antoine Bohier. Le 28 mai 1535 à Abbeville, il cède au roi les domaines de Chenonceau et des Houdes pour 90 000 livres. Ainsi, Chenonceau, propriété de la Couronne, devient résidence royale.

Le document de transmission de propriété est paraphé en 1535 au nom du roi par Anne de Montmorency, duc, pair de France, maréchal, Grand maître et premier baron de France. Philibert Babou de la Bourdaisière, surintendant des finances, maire de la ville de Tours, prend possession pour le roi, du château de Chenonceau et en devient l'intendant.

Du fait de sa situation précaire et dans l'incertitude du devenir de Chenonceau, Antoine Bohier n'a réalisé aucun entretien de son patrimoine et encore moins les réparations indispensables. François Ier se trouve en possession d'une propriété à l'abandon. Contre toute attente, le roi n'entreprend pas de rénovation, ni construction ou décoration de Chenonceau. Son empressement à se rendre acquéreur du château, n'est suivi du moindre effet. L'attention du souverain se porte sur Chambord, Fontainebleau ou Villers-Cotterêts.

Ainsi, jusqu'à la fin du règne de François Ier, Chenonceau reste dans le même état.

François Ier meurt d'une septicémie à Rambouillet, le 31 mars 1547. Moins de trois mois après, son fils Henri II offre Chenonceau à sa favorite Diane de Poitiers, duchesse de Valentinois et jeune veuve du maréchal de Brézé.

Cette donation est confirmée par lettres patentes à Saint-Germain-en-Laye, au mois de juin 1547. Diane de Poitiers fait immédiatement entreprendre des travaux d’aménagement sur la rive droite du Cher et offre au château de Chenonceau un magnifique jardin dont nous reparlerons bientôt.

En 1552, Diane de Poitiers reçoit dans son nouveau domaine, le roi Henri II, Catherine de Médicis et toute la Cour. Elle confie à l'architecte Philibert Delorme, alors dans toute la faveur royale, le soin de construire un pont reliant le château à la rive gauche afin d'y créer de nouveaux jardins et d'accéder à de plus grandes chasses. Les travaux commencent au printemps 1556 et après bien des vicissitudes, s'achèvent avant la fin de l'année 1559 pour un coût estimé à plus de 9 000 livres.

Diane ne pourra cependant pas achever les travaux qu’elle prévoit pour Chenonceau. En effet, au cours d’un tournoi resté dramatiquement célèbre à Paris le 30 juin 1559, Henri II est mortellement blessé par le capitaine de sa garde écossaise, Gabriel Ier de Montgommery.

À la disparition de Henri II, survenue le 10 juillet 1559, Catherine de Médicis contraint sa rivale Diane de Poitiers, à restituer Chenonceau à la Couronne et à accepter en échange le château de Chaumont-sur-Loire. L'acte de transfert est scellé à Blois dès la fin de l'année 1559 et confirmé au château de Chinon, le 10 mai 1560.

Cette même année une fête est donnée en l'honneur du jeune roi et de son épouse Marie Ire d'Écosse, née Marie Stuart, à Chenonceau. Le grand ordonnateur de ces réjouissances est Francesco Primaticcio, dit Le Primatice, qui succède dans la charge de surintendant des bâtiments royaux à Philibert Delorme, disgracié deux jours après la mort d'Henri II. Le 31 mars 1560, le cortège royal arrive à Chenonceau et après des festivités mémorables, prolonge son séjour jusqu'au 6 avril. François II, les reines et la Cour se rendent ensuite à l'Abbaye de Marmoutier, avant de revenir quelques jours à Chenonceau et rejoindre le château d'Amboise.

François II décède à Orléans le 5 décembre 1560, à l'âge de seize ans après seulement dix-sept mois de règne. Le 21 décembre 1560, le Conseil privé nomme Catherine de Médicis, « gouvernante de France ». Charles IX, dix ans, succède à son frère. Commencent alors pour le royaume en 1562, les guerres de religion.

Catherine décide cependant l'embellissement de sa résidence des bords du Cher et aménage le parc de Francueil en 1561. Catherine de Médicis crée son propre jardin, en aval de la terrasse des Marques. La fontaine du Rocher voit le jour ainsi que le « jardin vert ». Les travaux de ses jardins achevés, la reine-mère organise les secondes fêtes somptueuses à Chenonceau pour son second fils, le roi Charles IX, le 13 avril 1563. Une manière également de parachever la trêve dans la lutte des partis, la Paix d'Amboise est signée le 19 mars 1563, en invitant le prince de Condé, chef des protestants. Sont présents également, le frère du roi duc d'Orléans et futur Henri III, sa sœur Marguerite plus connue sous le nom de reine Margot, Henri de Navarre qui deviendra Henri IV, enfin Henri de Guise dit « le Balafré ». Les célébrations sont clôturées le 22 avril et la Cour quitte Chenonceau pour Chambord. Charles IX meurt le 30 mai 1574 au château de Vincennes et lui succède son frère Henri III. Le nouveau roi de France épouse le 15 février 1575, Louise de Lorraine.

La reine Catherine de Médicis prévoit également un grand projet pour Chenonceau, digne de rivaliser avec les plus beaux palais. Elle fait appel à son architecte Jean Bullant et pour la mise en œuvre, au maître maçon Denis Courtin. Les travaux commencent en 1576 et nous en étudierons les détails prochainement…

Une rêverie au fil de l'eau: l'histoire du château de Chenonceau (partie 1)
Une rêverie au fil de l'eau: l'histoire du château de Chenonceau (partie 1)
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Pastyme 22/09/2013 17:40

Bonjour,

Un premier article fort interessant sur le "château des dames".....un lieu riche en histoires et dans l'Histoire....
bonne soirée

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